18 oct. 2017

La perle et la coquille de Nadia Hashimi



Auteure : Nadia Hashimi
Genre : Contemporain / Drame
Paru en : Juin 2015
Prix : 7,90€  
Éditeur : Milady poche
Pages : 567


quatrième de couverture
"Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses sœurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh*, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu'à ce qu'elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d'une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan."

Je ne m'attendais pas à une telle claque, à un nouveau coup de cœur aussi bouleversant que magique. La perle et la coquille est une réelle découverte pour moi, un de ces romans qui vous transforme à jamais. J'aimerai commencer par citer Khaled Hosseini qui résume à merveille ce livre :


"Ce magnifique conte familial reflète à merveille les combats des femme afghanes d'hier et aujourd'hui."


Rahima, ma jeune et merveilleuse Rahima est une gosse de 9 ans, une fille afghane qui pour aider sa mère et jouir des privilèges des hommes va en devenir un. Rahima devient alors Rahim; une bacha posh. Mais cette pratique à ses limites puisqu'une fois en âge de se marier Rahim devra redevenir Rahima.. Pendant ce laps de temps elle va pouvoir aller en cours, apprendre à lire, à écrire, jouer au foot, aller au marché, porter des pantalons, courir dans les rues sans se soucier du regard des hommes. Une liberté totale que ses sœurs ne connaitront jamais. Et cette liberté, cette transformation physique aussi bien que psychologique va totalement bouleverser son quotidien et sa vision du monde. Revenir en arrière va être douloureux, la réalité brutale et son destin dramatique.


bacha posh : signifie littéralement "habillée comme un garçon". Pratique culturelle en Afghanistan et au Pakistan qui consiste à travestir une fille en fils. Ainsi palliant à une figure masculine au sein de la famille, la bacha posh assure la sécurité et l’interaction sociale de celle-ci. La puberté passée et une fois en âge de se marier, la bacha posh redevient femme. La transition est souvent difficile..


En parallèle de l'histoire de Rahima, sa tante (Khala Shaima) lui raconte le destin de son ancêtre
Shekiba, son arrière-arrière-arrière grand-mère. Shekiba vit un siècle plus tôt et c'est navrant de constater que la condition féminine de l'époque ne diffère aucunement de celle d'aujourd'hui. Son naseeb (destin) s'apparente à celui de Rahima. Son histoire va l'inspirer, l'animer, mais surtout résonner en elle, comme une image miroir de sa propre vie.


Comme j'ai aimé ces deux femmes ! Fortes et insoumises. Leur tante Khala Shaima m'a également totalement subjugué par sa détermination et son franc-parler dans un pays où la femme ne s'appartient pas. J'ai été terriblement touchée par ses femmes comme je ne l'ai pas été depuis longtemps. Et au-delà de ces personnages puissants, l'écriture est superbe. Les mots sont durs, les situations crues, le tout en restant poétique. Ce livre est merveilleux, révoltant, dépaysant et passionnant. Et c'est là où N. Hashimi fait fort; c'est dramatique et poignant mais ce n'est pas indigeste, on ne détourne pas les yeux, l'espoir surpasse la tragédie.


extraits

Elle avait un don, une aptitude particulière pour vous donner à voir ce qui vous avait échappé, alors que vos yeux s'étaient posés sur le même objet que les siens.
chapitre 1 - page 19


Cette nuit-là Khala Shaima se mit à nous raconter l'histoire de mon arrière-arrière-arrière grand-mère, Shekiba, une histoire que mes sœurs et moi n'avions jamais entendue aupravant. Une histoire qui me transforma.
chapitre 1 - page 26


"- Je suppose que nous portons tous en nous le destin de nos ancêtres."
chapitre 19 - page 181


J'avais changé. J'avais perdu ma confiance en moi. La robe que je portais était un déguisement pour moi, une étoffe dissimulant le garçon sûr de lui et têtu que j'étais au fond de moi. Je me sentais ridicule, une personne se prenant pour ce qu'elle n'était pas. Je méprisais celle que j'étais devenue.
chapitre 45 - page 407



Si vous ne l'avez pas compris ce livre est pour moi un coup de cœur monumental que je souhaite partager avec vous. En deux mots: lisez-le.

Vos Notes

  1. J'ai beaucoup aimé aussi l'histoire croisée de ces femmes et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman.

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    Réponses
    1. Moi également, et je ne m'y attendais vraiment pas ! Une belle surprise !

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